Vous trouverez au bas de cet article le programme et les dates des Chemins de Croix pour le Carême 2026.
Le Carême commence cette année le mercredi 18 février (cérémonie du Mercredi des cendres) et se termine le jeudi 2 avril, veille de Pâques.
Chaque vendredi durant cette période de Carême, nous commémorons la Passion de notre Sauveur en participant au Chemin de Croix. Cela se fait à l’intérieur de nos églises, dans lesquelles sont présentes les 14 (voir 15) stations du Christ durant son calvaire.
En effet, traditionnellement les Chemins de croix comptent 14 stations, aujourd’hui, on ajoute parfois une 15ème station, qui est celle du tombeau vide de Jésus, qui relie ainsi, au final, toutes les stations de son calvaire à sa résurrection.
Voici la liste de 14 stations, accompagnées de réflexions vous aidant à mieux vous imprégner de la symbolique de chacune d’entre elles :
1. Jésus est condamné à mort :
La procession commence avec le jugement de Jésus.
Rejetant le Messie pourtant tant attendu et annoncé par les écritures, afin de conserver leur pouvoir et leur influence, les grands prêtres et tout le Sanhedrin ont livré Jésus devant Ponce Pilate, gouverneur romain.
Lors du jugement, la foule, influencée par les scribes et grands prêtres présents, demande qu’on gracie Barrabas, meurtrier, à la place de Jésus, qui Lui n’a commis aucun crime, aucun pêché.
Pilate, qui ne voulait pourtant pas condamner Jésus à mort, cède face à la pression de la foule et prononce la sentence de mort contre Jésus.
Plus encore que l’injustice, cette 1ère station symbolise l’aveuglement et le rejet de Dieu par les hommes qui ne le connaissent pas, ou qui prétendent le connaître (comme les grands prêtres), mais ne le connaissent pas avec le cœur.
2. Jésus prend sa croix :
Après une nuit sans sommeil durant laquelle il a prié seul dans une profonde angoisse, a été arrêté, roué de coup, menacé, injurié, calomnié, raillé et moqué, craché au visage, barbe arrachée, flagellé plus de cent coups, sans repos ni eau ni nourriture, abandonné de ses disciples, Jésus, à bout de force, se voit condamné à porter lui-même sa croix au sommet du Golgotha (“Le Crâne”) pour y être mis à mort.
D’un bois extrêmement lourd, typique des régions arides, la croix symbolise ici le poids des péchés du monde, que Jésus porte avec humilité et amour, à notre place.
3. Jésus tombe pour la première fois :
Épuisé et affaibli par le sang perdu à la flagellation et le poids de la croix, Jésus trébuche pour la première fois. À la seule force de son Cœur Immaculé, il parvient pourtant à se relever.
Cette chute évoque la fragilité humaine et la difficulté du chemin vers la rédemption. Mais elle nous invite aussi à en appeler à Jésus pour nous relever dans l’épreuve.
4. Jésus rencontre sa sainte Mère, Marie :
Marie, la mère de Jésus, rencontre son fils en chemin vers le Calvaire. Jésus souffre doublement, à la fois pour lui et pour sa mère qu’il aime et voit tant souffrir. Leurs regards expriment une douleur indescriptible, soulignant le lien d’amour entre une mère et son fils voué à une fin atroce.
Cette station nous invite à nous rapprocher de Jésus, et Lui donner une place particulière dans notre vie et dans notre cœur : celle d’un père, d’un frère ou … comme pour Marie, d’un fils, et ainsi à prendre part avec compassion à sa douleur.
Et plus largement bien sûr, à en faire de même avec toute personne que l’on voit souffrir dans ce monde.
5. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix :
Les soldats romains réquisitionnent Simon de Cyrène et lui ordonnent d’aider Jésus à porter sa croix, lui qui n’était qu’un homme de la campagne passant par là pour se rendre à Jérusalem et ne connaissait rien de Jésus.
D’abord en colère d’être mis injustement à contribution, souffrant à son tour sous le fardeau et recevant par erreur un coup de fouet à la place du condamné, Simon découvre et prend part au calvaire du Christ dont il se rend compte des souffrances passées et de la très grande dignité avec laquelle il subit son sort.
D’un seul regard échangé, Jésus touche Simon en plein cœur et le convertit.
D’autre part, Jésus avait demandé à ses disciples de porter leur croix, et ici, extenué, il a besoin d’aide pour porter la sienne. Cela nous rappelle ce qu’il avait dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive ».
Cette 5ème station nous rappelle que chaque épreuve vécue au nom de l’Évangile est un petit bout de croix portée derrière le Christ. Elle nous invite aussi à faire appel à Jésus pour convertir les hommes, car c’est Lui qui convertit les cœurs, et rappelle aux croyants que nous sommes l’importance d’aider nos semblables dans leurs épreuves, leurs fardeaux.
6. Une femme essuie le visage de Jésus :
Véronique, touchée par la souffrance de Jésus, essuie son visage ensanglanté. Sa compassion, telle une oasis dans un désert, est un geste d’amour isolé au milieu d’un océan de cruauté, qui est parvenu un instant à suspendre les souffrances et la détresse de Jésus.
Cette 6ème station nous invite à réfléchir à l’apaisement et à l’amour qu’a pu ressentir Jésus au travers du geste de Véronique, et de le ressentir à notre tour, pour qu’à chaque fois qu’il nous est possible de le faire dans ce monde, nous fassions preuve nous aussi de compassion, en nous réjouissant de l’amour que nous allons offrir à celui qui en manque et qui souffre. Nous sommes donc incités à faire nous-mêmes preuve de compassion et agir.
Cela fait écho à ce que Jésus a dit lui-même : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 31-46).
7. Jésus tombe pour la deuxième fois :
Jésus, épuisé et affligé, trébuche à nouveau sous le poids de la croix, et se relève à la seule force de l’Amour. Cette chute répétée souligne la dureté du chemin et la persévérance nécessaire pour accomplir la volonté du Seigneur.
Cette 7ème station insiste, une seconde fois, sur le fait qu’il nous faut recourir à Dieu dans les moments difficiles et les chutes, car la chair est faible sans le secours du Seigneur.
8. Jésus console les femmes de Jérusalem :
En dépit de sa propre souffrance, Jésus prend le temps de consoler les nombreuses femmes de Jérusalem qui pleurent pour lui, se lamentant et frappant leur poitrine pour exprimer leur tristesse. Afin de les apaiser, Jésus leur dit de ne pas pleurer sur lui, mais sur elles-mêmes et sur leurs enfants. Ses mots font référence à l’un de ses propres discours, qui évoquait un temps apocalyptique où heureuses seront les femmes stériles ou sans enfant, quand l’injustice sera telle, qu’elles préfèreront qu’une montagne tombe sur elles plutôt qu’enfanter.
Cette 8ème station nous montre l’infinie compassion et l’extrême sollicitude dont Jésus fait preuve à notre égard, même au milieu de sa propre douleur.
Elle nous enjoint également à réfléchir et à nous préparer spirituellement aux temps amers, où nous serons, nous mêmes, dans l’épreuve.
9. Jésus tombe pour la troisième fois :
La troisième chute de Jésus, dont Il se relève, encore une fois, à la seule force de son Cœur Immaculé et brûlant d’Amour pour nous, nous rappelle à tous que lorsque les épreuves difficiles se succèdent, une à une, nous accablant et nous laissant sans force, nous pouvons à chaque fois nous tourner vers Jésus, pour nous aider à les surmonter.
Si Dieu a pu se relever par amour pour nous dans un tel état physique, nous pouvons lui faire confiance pour nous relever nous aussi.
Il est le bon berger, qui prend grand soin de son troupeau. Il s’inquiète pour la brebis égarée; il entend ses cris et vient à son secours. Il ne l’abandonne jamais.
10. Jésus est dépouillé de ses vêtements :
Arrivé au lieu de la crucifixion, Jésus est dépouillé de tous ses vêtements.
Ce geste cruel symbolise l’humiliation ultime, renvoyant à Adam et Eve ayant honte de leur corps et cherchant à le couvrir, à la suite du pêché originel. Pourtant, Jésus est l’Agneau sans tâche, et Il est Dieu : Lui n’a point de honte à avoir d’être nu.
Cette 10ème station nous invite à réfléchir sur le pêché, et sur le Jugement de nos fautes.
Elle illustre aussi le dénuement total que le Fils de Dieu a accepté de vivre et ressentir dans ce monde, pour le salut de toute les âmes.
11. Jésus est cloué sur la croix :
Cette station poignante décrit le moment où les clous transpercent les mains et les pieds de Jésus, le fixant à la croix, puis l’ultime moquerie faite contre lui quand l’écriteau “Jésus, roi des juifs” est fixé au-dessus de sa tête.
Le silence qui accompagne cette scène souligne la gravité du sacrifice fait par Notre Sauveur. Fixé sur le bois, symbole de malédiction, Jésus prend la malédiction du pêché à notre place.
Alors qu’il agonisait, et que parler créait en Lui davantage de souffrance, Jésus a trouvé une ultime ressource dans son cœur pour prononcer les 7 dernières paroles, qui parachèvent l’accomplissement de tout ce qui avait été annoncé dans les écritures.
Cette 11ème station nous invite à ressentir l’amour, l’humilité, le courage et la ténacité qu’il a fallu au fils de Dieu pour se faire aussi petit et maltraité dans ce monde, dans l’unique but de nous racheter.
12. Jésus meurt sur la croix :
La crucifixion atteint son paroxysme avec la mort de Jésus, qui scelle comme acquise la victoire de notre Rédempteur et le parfait accomplissement de sa mission.
Cette 12ème station est un moment de réflexion sur le prix de nos pêchés.
Roi du Ciel car étant Dieu, Roi sur terre car descendant de David, Roi des Martyrs par la couronne de souffrance dont il a été ceint pendant sa Passion, ayant choisi de lui-même de se sacrifier à notre place, et n’ayant commis aucun pêché, le sang de Jésus a acquis la plus grande valeur spirituelle qu’il est possible d’avoir. C’est avec ce sang extrêmement précieux, qu’Il paie toutes nos fautes. Gloire à Dieu !
13. Le corps de Jésus est descendu de la croix et remis à sa Mère :
Le corps de Jésus est descendu de la croix et placé dans les bras de sa mère. Ce moment fut pour elle la concrétisation de ce que le prophète Syméon lui avait annoncé lors de la présentation de Jésus au temple, au 7ème jour, jour de sa circoncision : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre ».
Cette 13ème station évoque la douleur et la perte d’un être cher, rappelant aux croyants la fragilité de la vie humaine. Elle nous invite aussi à méditer sur l’annonce prophétique de Syméon, sur la symbolique de la mort et sur l’espérance en notre Salut.
En effet, elle nous renvoie aux dernières affirmations du Credo : « (je crois …) en la rémission des pêchés, en la résurrection de la chair, en la vie éternelle, Amen. »
14. Jésus est déposé dans le sépulcre :
Le Chemin de Croix se conclut avec la mise au tombeau du corps de Jésus dans le sépulcre.
Durant 3 jours, l’âme de Jésus est séparée de son corps. Il est dit qu’Il est descendu aux enfers et détient désormais la Clé du Séjour des Morts. Après sa victoire à la croix, Jésus, qui est mort sans pêché, viendra juger les vivants et les morts.
Cette 14ème et dernière station amène notre réflexion sur ce qu’est la mort, la sépulture, la séparation de l’âme et du corps, la résurrection, et c’est aussi une invitation, faite à chacun, à nous préparer pour notre grand départ, en ayant recours aux sacrements apportés par Jésus.
C’est un moment aussi pour méditer sur nos œuvres dans ce monde et porter un jugement sur ce que l’on a réalisé durant notre vie, sur le sens de nos actes, de nos paroles, et enfin, un moment privilégié pour pardonner à ceux qui nous ont offenser, et alléger notre âme et notre conscience en vue de notre propre mort.
Pour finir, ce temps de repos annonce la résurrection de Jésus qui sera célébrée à Pâques.
Le Chemin de Croix offre une opportunité unique de méditer sur le sacrifice de Jésus et de partager sa douleur et sa passion. Chaque station représente une étape cruciale dans le parcours de la rédemption, invitant les croyants à approfondir leur compréhension de la foi chrétienne et à renouveler leur engagement envers les enseignements du Christ.

